« SVP, ENVOYEZ DU VENT ! » Le message de Rupert Henry (Eora) a le mérite d’être clair. Comme tous les concurrents de cette deuxième étape de Les Sables – Horta – Les Sables, l’Australien puise dans des trésors de patience pour traverser la zone de vents faibles qui s’étend entre les Açores et le cap Finisterre. Les deux premiers jours de course ont été marqués par des conditions particulièrement mollassonnes, avec moins de 300 milles parcourus par les premiers concurrents — un rythme inhabituellement lent pour ces machines capables d’avaler plus de 400 milles en une journée quand les conditions sont favorables.
Heureusement, le pire semble derrière eux pour les leaders, qui commencent tout juste à s’extirper d’une dorsale anticyclonique et retrouvent peu à peu des vitesses plus conformes à leur potentiel. Le vent faible met les organismes à rude épreuve, et les écarts restent minimes : les douze premiers bateaux se tiennent en moins de 15 milles. Fabien Delahaye mène la flotte d’une courte tête et se réjouit de voir les conditions s’améliorer :
« Ça avance maintenant. J’ai touché du vent comme espéré en début d’après-midi. Ça permet de faire du 70° à 10 nœuds. C’est plutôt bien, d’autant que ça devrait forcir. Je suis un peu seul à être parti dans ce coin-là, donc le jeu va être différent avec les autres. »
Il est talonné par Luca Rosetti (Maccaferri Futura), vainqueur de la première étape, toujours solidement installé aux avant-postes.
Derrière, un groupe de quatre bateaux a vu son rythme sérieusement ralenti dans la dorsale. Djemila Tassin, Nicolas Guibal, Stéphane Bodin et Christophe Rateau peinent à s’extraire de cette zone sans vent, et leur retard pourrait encore se creuser dans les prochaines heures. La Belge Djemila Tassin serre les dents dans cette épreuve :
« Pour l’instant, c’est la bataille pour sortir de la molle. Le moral est bon, mais il faut rester fort quand on voit la flotte partir devant. »
Une option sud qui ne paie pas
Dès les premières heures de course, une divergence stratégique s’est dessinée. Plusieurs solitaires ont tenté une route sud en contournant l’île de São Jorge, dans l’archipel des Açores. Un pari audacieux, mais non récompensé : les bateaux restés plus au nord ont conservé une meilleure pression et occupent désormais les premières places du classement provisoire.




