Quelques minutes avant le départ de la seconde étape de Les Sables – Horta – Les Sables, les skippers s’apprêtent à vivre un moment rare : un retour en solitaire, pour certains une première, pour d’autres un retour attendu. Concentrés, sereins, émus ou impatients, ils confient leurs ressentis, leurs attentes et ce que représente pour eux cette étape inédite. Témoignages.
Djemila Tassin (Belgium Ocean Racing)
« Je suis là où je voulais être, et c’est ça qui compte. »
« Elles sont importantes, ces dernières minutes avant le départ. C’est notre dernier contact avec la terre. C’est le dernier moment où l’on repense à tout, en espérant ne rien avoir oublié, même si l’on sait que c’est trop tard ! C’est l’instant où l’on récolte les fruits du travail des derniers mois. Une fois en mer, c’est parti. Mais là, c’est le dernier moment où l’on touche à tout ce que l’on a mis en place. Ce sont des moments rares dans l’année, et ils sont pleins d’émotions. Je suis là où je voulais être, et c’est ça qui compte. Ça fait deux ans que je n’ai pas fait de solo, mais je viens chercher les émotions, tellement plus intenses. Ce sont des sensations qu’on ne retrouve jamais en équipage. C’est aussi la joie d’aller au bout, en ayant tout fait par soi-même. »
William Mathelin-Moreaux (Les Invincibles)
« C’est très complet, et on se dépasse encore plus qu’en double. »
« On est concentrés, il ne faut rien oublier car il y a plein de petites choses. On a bien préparé le bateau cette semaine. On a eu le temps de se reposer et de faire tout ce qu’il fallait. Je suis serein sur la navigation car les conditions ne seront pas trop dures. Elles vont même être top, ce sera une vraie guerre des nerfs, surtout à la fin. Je suis très content de renouer avec le solitaire. J’adore ça. Ma dernière course en solo, c’était la Route du Rhum. C’est une manière différente de naviguer, notamment sur le sommeil. On doit être autonomes de A à Z : les manœuvres, la météo, faire avancer le bateau. C’est très complet, et on se dépasse encore plus qu’en double. C’est un exercice différent que j’adore. »
Guillaume Pirouelle (Seafrigo – Sogestran)
« On part pour une course décisive, d’autant plus qu’elle se court en solitaire. »
« La deuxième étape est plutôt indécise. Il y a pas mal d’options météo possibles, avec des choix très différents dès le début. On a bien travaillé le sujet, on verra comment ça évolue. Il va falloir se creuser les méninges. Les écarts sont très faibles. On part pour une course décisive, d’autant plus qu’elle se court en solitaire. C’est très différent. »
Quentin Le Nabour (Bleu Blanc Planète Location)
« C’est une première réalisation, et une belle occasion de se jauger. »
« C’est une étape qui s’annonce compliquée. On est encore dans l’heure des choix, avec les derniers fichiers météo qui tombent. Je suis concentré sur les décisions à prendre dès le début de course. Les premières heures vont être déterminantes. C’est ma première course en solo avec ce bateau. On monte les projets pour vivre ce genre de moment. C’est une première réalisation, et une belle occasion de se jauger par rapport aux autres. »
Greg Leonard (Swift)
« J’ai hâte de prendre le départ. Ce fut un super moment ici à Horta. »
« Tout va bien, le bateau est prêt. Les conditions météo s’annoncent belles, un peu lentes, mais il y aura peu de manœuvres d’après ce que j’ai vu ce matin. J’ai hâte de prendre le départ. Ce fut un super moment ici à Horta. C’est magnifique, l’île est superbe. Nous avons vu des baleines, c’était génial. »
Yves Courbon (Ocean Connect)
« On est venus pour s’amuser, alors autant en profiter ! »
« Il vaut mieux rester détendu, c’est un bon moment. On est venus pour s’amuser, alors autant en profiter. Les conditions sont plutôt clémentes. La route va être longue a priori, donc je risque de rater le 14 juillet ! On a été super bien accueillis ici à Horta. Merci à l’organisation et à la ville. Je reviendrai ! La deuxième étape va partir assez vite. J’aime bien le solitaire. Les bateaux sont sécurisants, et s’il y a trop de vent, on réduit la toile. »
Christophe Rateau (Gustave Roussy)
« En solo, on est face à soi-même… Il faut bien dormir pour rester en forme. »
« Je suis presque plus prêt que d’habitude. On a eu le temps de tout tester, de bricoler. Je suis plutôt serein. Ma seule crainte, c’est la durée, mais ça va aller. Cela fait un moment que je n’ai pas couru en solo. C’est ma première fois en Class40, donc ça change un peu de taille, mais j’en ai fait pas mal par le passé. Ce qu’on redoute le plus, c’est le sommeil. En double, on se soutient et on gère les avaries à deux. En solitaire, on est face à soi-même, donc il faut bien dormir pour rester en forme. On revient toujours au sommeil ! »
Sasha Lanièce (Alderan)
« Ce que j’aime dans le solo, c’est de me prendre des murs et de trouver les solutions toute seule. »
« Ce départ est différent des autres. C’est une demi-transat en solo. J’en ai déjà fait, mais là, c’est la première fois en course, la première fois au large. C’est cool que la météo ne soit pas trop dure, car ce sont de gros bateaux. Elle sera technique, et ça va me faire progresser. Ce que j’aime dans le solo, c’est de me prendre des murs et de trouver les solutions toute seule. À la fin, on se rend compte qu’on est capable de faire des trucs de ouf. »
Pierre-Louis Attwell (Vogue avec un Crohn)
« Je suis très content de renouer avec le solo. »
« On a de la chance : pour une reprise en solitaire, les conditions sont plutôt clémentes. Il y aura un peu d’air au départ, ce sont de belles conditions, pas trop difficiles. Il y aura des passages stratégiques et des choix de placement dans la flotte par rapport aux systèmes météo, mais je pars l’esprit tranquille. Ma dernière course en solitaire, c’était la Route du Rhum, donc ça remonte un peu. On s’est bien préparés à l’entraînement, et je suis très content de renouer avec le solo. »




